
Une voix et une grammaire qui gouaille avec en bruit de fond une maison qui vit et des enfants à qui il dit « Oui j’arrive, j’ai bientôt fini chérie » ; des propos clairs et directs, Didier Wampas n’a décidemment pas la grosse tête.

"Dès que je peux le faire pour une cause qui me touche, j’accepte de jouer."
Marie-Pia Garnier, journaliste pour le Droit de Vivre s'est entretenue avec Didier Wampas qui sera la vedette du concert des universités d'été du Havre. Morceaux choisis ...
- « C’est Ari Sebag qui m’a demandé si j’acceptais de venir jouer quelques morceaux durant le concert du Havre contre le Racisme de la LICRA. J’ai dit OK. Franchement, le FN pour moi il est toujours le même xénophobe juste repoudré et j’ai très peur de ce que je vois se profiler aux prochaines élections. Il y a certains à l’UMP qui n’attendent qu’une occase pour se droitiser plus musclé. C’est important d’en parler et d’y réfléchir en ce moment.»
Un musicien plus engagé dans la vie qu’en politique.
- « Moi je bosse tous les jours à la RATP comme technicien électricien et croyez moi, je fais vraiment un plein temps. Je bosse, je fais de la guitare et je m’occupe de mes trois enfants. Je ne suis pas comme certains chanteurs qui se disent engagés. Ce que je cherche avant tout dans ma musique, c’est toucher les gens. Mon engagement c’est dans une vie remplie jusqu’à ras bord qu’il est. Je ne suis pas syndiqué parce que je n’ai pas le temps, je n’appartiens à aucun parti pour la même raison et aussi parce que je trouve que la politique est devenue malsaine. On a beau y croire et continuer à voter à toutes les élections, regardez un peu comment ça éclabousse ces derniers temps. À qui se fier, à qui s’en remettre ?"
Le titre Chirac en prison : En France la seule censure c’est la peur.
- « C’est vrai qu’après le titre Manu Chao qui en 2003 a connu un certain succès public, il ya eu la chanson « Chirac en prison » que nous avons vraiment sortie pour voir. J’avais accompagné mes enfants à une pièce de théâtre qui parlait de la liberté d’expression des auteurs et notamment de Molière sous le règne absolu de Louis XIV. Je me suis demandé ce qui se passerait aujourd’hui si je chantais publiquement que le Président pour lequel j’avais pourtant voté - bien obligé - je le voulais embastillé. Et bien ça a été une sacrée polémique et pas du tout parce que le pouvoir politique est intervenu pour faire interdire quoi que ce soit. Non, j’ai vraiment vu où était le pouvoir. Le vrai de vrai c’est celui l’argent, celui des annonceurs auxquels nulle radio, nulle télévision ne doit déplaire et pour lesquels il ne faut jamais faire de vagues. Si justement je bosse à la RATP c’est pour ne pas attendre de passer à la radio ou à la télé pour en vivre. C’est le prix que je paye volontiers pour notre indépendance et ma liberté de penser et de créer.»
Un mouvement rock alternatif qui a été long à se faire entendre.
- On était tous disséminés les uns et les autres dans des banlieues différentes et ça nous a pris beaucoup de temps pour nous rencontrer et monter des groupes. Moi ma première influence, ça a été le punk que j’ai découvert en 75 dans Rockn’ Folk et à la télé quand Yves Mourousi a reçu les Sex Pistols. J’étais le seul dans ma banlieue à écouter ça et donc forcément, j’étais assez isolé. Ce n’est qu’en 83 que les Wampas sont nés. Aujourd’hui nous ne sommes plus une communauté, chacun a sa vie de son côté. Moi, je sors un album solo en Septembre et je collabore régulièrement avec d’autres groupes comme Indochine par exemple en 2010. Pour le concert de la LICRA je vais jouer 4-5 morceaux des Wampas je crois. Je ne sais pas encore très bien lesquels. Ça va être chouette de jouer sur la plage avec la mer derrière et pour une cause qui me touche. »